Cécile me dépose, bien en avance, à la gare routière de Koumac, où m’attend mon bus pour l’aéroport. Il ne faudrait pas que je manque mon vol. Pas de chance, le crétin de chauffeur de bus à qui j’ai demandé les horaires la veille, s’est planté ! Il a bu ou il abuse, le bus ne passe pas à 6H mais à 8H. C’est pourquoi, sans tarder, je colle mon pouce sur le bas côté, il me reste 6H pour atteindre l’aéroport de Tontouta, c’est encore jouable. Après 1H de stop sans succès, le timing du trajet en stop devient dangereux. Je me rabats alors sur le bus de 8H, espérant que celui-ci soit dans les temps. La fermeture de mon vol est à 12H10 pour un départ à 12H40. Le chauffeur m’assure y être à 12H15. Après une longue hésitation, je prends le risque ! Sur le trajet mon ventre est noué, j’ai vraiment peur de ne pas être dans les temps. Comme prévu, à 12H15, le bus me dépose à l’aéroport. Je cours avec mes 30 Kg de bagages sur le dos vers les tapis d’enregistrement des bagages, hélas déjà à l’arrêt. Une nana de Qantas me prévient que le vol est fermé depuis 5 min. Elle essaie tout de même d’appeler le chef de ligne et reviens 2 min plus tard, m’annonçant que je l’avais dans le c… et bien profond ! Putain, ça fait mal ! Comme si j’avais reçu un grand coup de pelle sur le crâne, je suis assommé et ne veux pas y croire. Pendant 30 min, je vois défilé doucement les passagers et leurs bagages au travers de la grande vitre de l’aéroport. HAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!! C’est les nerfs ! Je pars me renseigner pour un nouveau vol Nouméa-Sydney. Il y a une possibilité pour le 15 décembre mais cela va occasionner des frais qu’on m’annonce important. Je dois maintenant prévenir Emirates de mon absence sur le Sydney-Bankok dont les frais de changement, à moins de 2 jours du vol, sont indiqués à 100% sur mon billet. Si je dois racheter ce billet, je n’ai plus assez d’argent pour assurer la fin de ce voyage. Je me vois déjà chercher du boulot en Calédonie pensant que le voyage s’arrête là. Je vais tout de meme acheter une carte téléphonique pour appeler Emirates mais, une seconde fois, à 5 min près, la boutique est fermée. Il me faut en chercher une à Nouméa qui est à 1H de route. Pour cela, il me faut prendre le bus. Comme je suis sur le départ, j’ai plus un rond. Comme ce n’est pas mon jour, le distributeur de cash ne fonctionne pas. Je ne trouve pas de cordes pour me pendre alors je vais négocier avec le chauffeur de bus. Par chance, une française expatriée à Sydney troc mon billet de bus contre un billet australien. Merci Carole ! Arrivé à Nouméa, j’achète enfin cette carte téléphonique. Elle ne fonctionne pas ! Toujours pas de cordes alors j’en rachète une nouvelle et téléphone à Emirates. Une charmante hôtesse australienne essaye de prononcer « Lallemant » avec son plus bel accent français et dans le même temps reporte mon vol pour le 15 décembre. Le tout sans aucun frais ! Incroyable coup de veine dans cette journée de merde. Mon sourire encrée jusqu’aux oreilles est en proportion à mon dépit d’à peine 5 min plus tôt. Le voyage continue !
( ce n’est pas la première fois que je suis entièrement satisfait d’Emirates Airlines alors je vous conseille vivement cette compagnie.)